Le dérèglement climatique est un facteur aggravant des crises humanitaires sous plusieurs formes : violences et conflits, maladies vectorielles, violations de droits humains, discrimination par le genre, migrations et déplacements forcés….

Le dérèglement climatique crée des conflits localisés autour de ressources naturelles.

Le dérèglement climatique conduit au conflit lorsque les sécheresses récurrentes poussent des populations entières à la migration vers des territoires temporairement plus accueillants. Les inondations et sécheresses exacerbent les tensions sur les ressources naturelles comme les points d’eau et terres fertiles. La compétition concernant les ressources et l’augmentation de la demande alimentaire entraînent un élargissement des zones de culture et donc une diminution des terres accessibles pour les nomades.
Autour du Lac Tchad, les conditions économiques et sociales des ménages sont déjà désastreuses. Les populations agro-pastorales se déplacent à la recherche de points d’eau pour leur consommation et celle du bétail. La pression sur les ressources alimentaires et les points d’eau entre les fermiers sédentaires et les éleveurs,  qui se déplacent de plus en plus loin chaque année, débouche régulièrement sur des violences localisées.

Le dérèglement climatique démultiplie les risques de catastrophes sanitaires.

Les conséquences sanitaires des crises liées au dérèglement climatique impactent directement les populations vulnérables. Les populations qui subissent déjà ces effets se trouvent dans les pays en développement, les Etats insulaires, les zones arides ou montagneuses et difficiles d’accès, les zones côtières souvent densément peuplées. Cyclones, tsunamis, inondations et sécheresses conjugués à la précarité économique des ménages peuvent aboutir à des situations d’insécurité alimentaire grave et de contamination des eaux. Ces catastrophes menacent les systèmes d’infrastructures et d’assainissement de l’eau ayant des conséquences directes sur l’hygiène et l’accès à l’eau, en particulier dans les zones urbaines.
Au rythme actuel, le dérèglement climatique aura des conséquences dévastatrices sur la disponibilité et la qualité des ressources en eau, déjà sous tension. Les variations importantes des températures, des précipitations et de l’humidité influencent la prévalence des maladies à transmission vectorielle.
L’OMS estime que près de 2 milliards de personnes seront exposées à la dengue d’ici à 2080, et prévoit 250 000 décès supplémentaires entraînés par ce dérèglement, dus aux effets conjugués de la malnutrition, du paludisme, des diarrhées et du stress lié à la chaleur entre 2030 et 2050.

Le dérèglement climatique est un fardeau supplémentaire pour les plus fragiles.

Peu responsables des chocs climatiques extrêmes, les ménages les plus pauvres sont les plus touchés et les moins bien préparés. Au sein de ces populations, des groupes sont encore plus fragiles. Selon le PNUD, les femmes et les enfants ont quatorze fois plus de risques de mourir que les hommes lors de catastrophes naturelles.
Dans ces contextes de crises climatiques et humanitaires, les femmes sont les plus vulnérables. Elles constituent déjà la majorité des pauvres dans le monde, et dépendent de l’agriculture vivrière ainsi que des ressources naturelles locales menacées par le dérèglement climatique. Dans beaucoup de régions du monde, les femmes représentent de 45 à 80% des travailleurs agricoles, ce sont aussi elles qui sont en charge de nourrir la famille. La raréfaction des ressources en eau représentera une charge de travail supplémentaire pour les filles et les femmes qui sont le plus souvent chargées d’approvisionner les ménages en eau.
Des barrières politiques, économiques et sociales limitent leur mobilité et leur résilience, et les empêchent de participer à la prise de décision quant à leur survie et leurs moyens de subsistance. Ces inégalités sont renforcées en temps de crises : quand une catastrophe naturelle survient, les femmes ont plus de difficultés à se protéger et à fuir car elles n’y sont pas préparées ni formées.
Les moyens de subsistance et les droits des personnes les plus fragiles sont directement en danger.

A l’horizon 2080, si aucune mesure sérieuse n’est prise, 200 millions de personnes souffriront de sous-nutrition en lien direct avec la dégradation des terres et de l’environnement.

Il est temps d’agir